Dole – FRANCE

Photo-reportage sur le métier d’artiste-graveur; mandat réalisé dans le cadre du workshop de l’Agence Zeppelin

Recettes de graveur

Eau forte pour acier

  • nitrate de cuivre            15 gr
  • eau distillé                     1 L 1/4
  • Acide nitrique               quelques gouttes

Originaire de Dijon en Bourgogne et formé en photographie à Besançon, ainsi qu’à l’EPTA de Toulouse, Aurélien Benoist a commencé à faire de la gravure et de l’estampe en 2011 en s’amusant avec une vieille bouteille de rhum. Dès lors conquis par la matière, il acheta son premier kit de base, consulta différents ouvrages, puis regarda de nombreux vidéos dans le but de se familiariser davantage avec les différentes techniques.

Sept ans plus tard, l’aventure se poursuit maintenant dans son atelier de création, l’ancien collège de Grammaire de Dole. Un espace qui lui est gracieusement mis à disposition par le Service de la Culture de la Ville.

Qu’est ce que la gravure ? 

Il s’agit d’une technique ancestrale qui désigne l’ensemble des procédés permettant la réalisation d’estampes à partir d’une matrice gravée en creux ou en relief. Une fois encrée, celle-ci permet d’imprimer, par dépôt de l’encre sur du papier.

Ce procédé permet de produire à faible coût de multiples tirages par réutilisation des matrices. Chaque tirage est généralement signé et numéroté suivant l’ordre et le nombre d’impressions.

Aurélien utilise la technique de la gravure en creux à l’aide de la pointe sèche (une plaque de métal gravée avec une pointe) et/ou de l’eau-forte (une plaque de métal gravée par l’acide). Puis, il refond lui-même ses plaques lorsque ses oeuvres sont terminées.

Parmi ses secrets, l’artiste utilise des encres de très grande qualité et un papier de luxe plutôt rare que l’on nomme Cocaïne. Ce dernier est soi-disant reconnu pour son extrême blancheur.

Aurélien croit qu’il est arrivé à s’imposer en tant que graveur parce qu’il sort du cadre et qu’il fait beaucoup d’expérimentation avec de nouveaux matériaux. Sur un même travail, il peut avoir recours à plusieurs techniques et s’amuse beaucoup à mélanger l’art abstrait et le figuratif.

Il consacre en moyenne de deux à six mois de travail à chacune de ses oeuvres. Il pointe ici une zone qui sera à retravailler parce que le papier n’était pas assez humide au moment de l’impression.

Voir grand et loin… 

Après avoir fondé la Galerie / Boutique Le 36, en collaboration avec l’artiste peintre Catherine Goursolas (à gauche d’Aurélien) et l’association Les Inventifs, il rêve de créer un centre artistique moderne qui comprendrait notamment un atelier, une salle d’exposition, une salle de concert et qui mettrait du matériel à disposition des artistes.

La galerie d’art Le 36, dont la mission est de soutenir les artistes professionnels ou en cours de professionnalisation est désormais installé au 25 rue des Arènes à Dole pour une durée indéterminée. Selon le duo fondateurs, la galerie est non seulement vivante et conviviale, mais elle propose surtout des oeuvres qui parlent à tous le monde et qui correspondent également à tous les budgets (de 2€ à 2500€).

Portrait d’un artiste-entrepreneur aux multiples talents…

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